Lundi 23 juin 2008
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18:29
Aghali Alambo nous l'a dit tout à l'heure, il a bien pris en charge les quatre employés d'Areva enlevés près d'Arlit. Le chef du MNJ (le Mouvement des Nigériens pour la Justice) qui incarne
la rebellion Touareg au nord du Niger, a en fait récupéré les français kidnappés par un groupe incontrôlé, et va se charger de les confier au CICR d'ici 24 ou 48h. Mais l'occasion est là: un
message à destination du gouvernement de Niamey aussi bien que des sociétés étrangères qui exploitent les concessions d'uranium sera du même coup transmis... La bataille pour un
meilleur partage des richesses de ce sous-sol nigérien si convoité ne fait que commencer. Gare à d'autres coups de force à venir...
Par Michel Scott
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Lundi 9 juin 2008
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19:32
Chavez change de ton... Le n°1 vénézuelien vient donc d'appeller les Farc à rendre leurs otages, sans contrepartie, avec cet argument, qui ne souffre aucun appel: la guerrilla n'a plus de
raison d'être. Elle n'a plus rien à espérer sur le plan militaire, et encore moins sur le front idéologique.
On attend la réponse du nouvel homme fort du maquis: Alfonso Cano. Et pour l'instant le silence radio est assourdissant. "C'est que les Farc sont en phase de recomposition" entend-on ici et là,
"ils mènent leur purge interne avant de prendre de réelles décisions".
Le nouveau leader, dont la trace avait été repérée dans le département de Tolima en février a vraisemblablement pu s'échapper du Canyon de Las Hermosas où il s'était retranché. Peut-être pour se
rendre plus au sud vers le Cauca. Auprès de lui, Pablo Catatumbo, nouvellement promu au Secrétariat, ferait office d'homme de liaison vers les autres commandants de Front. Mais qu'il s'agisse de
l'un ou de l'autre les tentatives pour prendre langue avec la direction des Farc entreprises par les émissaires européens n'ont pas entrainé de réponse.
Rien n'est perdu bien sûr, et l'on croit savoir du côté des spécialistes français du dossier que quelques libérations pourraient prochainement avoir lieu: 2 ou 3 policiers ou militaires, dont le
jeune Pablo Moncayo qui, avec plus de 10 ans dans la jungle, a établi une sorte de record, et dont le père a ému la Colombie en traversant le pays à pied pour implorer son retour à la maison.
Rien n'est garanti évidemment mais de source informée on pense que ces libérations pourraient avoir lieu au sud, du côté de l'Equateur. Loin du Vénézuela... histoire de faire comprendre à
Hugo qu'il ne l'emportera pas au paradis...
Par Michel Scott
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Dimanche 20 avril 2008
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Un petit ajout par rapport au texte ci-dessous, une précision plutôt: Selon mon confrère et ami Michel Peyrard de Paris Match, la direction dans laquelle marchait Luis Eladio Perez avant d'être libéré par les Farc était une direction sud-ouest. Ce qui renvoit son lieu de détention à la frontière du Guaïna et du Guaviare, s'il a réellement marché pendant 230 kms.
Du côté des émissaires européens, on pense surtout que Luis Eladio ne veut pas donner d'indication précise sur la localisation possible d'Ingrid Bétancourt, quitte à brouiller les pistes. Or leur séjour d'une semaine à Bogota, bien que soldé par un échec, leur a permis d'obtenir quelques détails supplémentaires. A prendre avec précaution car il s'agit d'infos provenant en grande partie de l'intelligence militaire colombienne mais tout de même: Une brigade de l'armée basée dans la zone de Tomachipan (à 8h de route au sud-est de San José del Guaviare) aurait aperçu Ingrid non loin de cette minuscule bourgade à la fin de l'année 2007. Dans une zone vallonnée et même assez encaissée dénommée "Canyon Asierte" (ce contact visuel n'aurait donné lieu à aucun assaut pour préserver la vie de l'otage, parait-il... ). Or il se trouve que c'est du côté de Tomachipan justement qu'ont été libérés par la suite Clara Rojas et Consuelo Gonzalez d'une part, Luis Eladio Perez de l'autre.
Les émissaires avaient même prévus de se rendre dans la zone avec l'accord de l'armée colombienne (zone à la jonction du Front numéro 7 et du front numéro 1 des Farc, le chef de ce dernier nommé César étant celui qui détient vraisemblablement Ingrid) le mardi 8 avril lorsque la fin de non recevoir de la guerrilla a poussé l'Elysée à rapatrier son équipe séance tenante .
L'urgence s'il y en a une consiste en tout cas maintenant à relancer la "machine Hugo Chavez" qui détient jusqu'à preuve du contraire le levier de communication avec les Farc le plus performant, via Ivan Marquez. Mais aussi me semble-t-il à tenter de renouer les contacts clandestins direct entre la France et les Farc, via ces mêmes émissaires qui ont été bien imprudemment exposés à la lumière du grand jour à l'occasion de cette mission humanitaire improvisée. Après l'inévitable période de repli stratégique que les Farc doivent opérer suite à la mort de Raul Reyes, ces contacts clandestins pourraient reprendre dans les prochains jours ou prochaines semaines. Alors se posera à nouveau la question de la contrepartie à offrir aux Farc en échange de la libération d'Ingrid.
Par blog-scott-tf1
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Mercredi 16 avril 2008
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Lorsque nous avons rencontré Luis Eladio Perez lundi 7 avril à Bogota, à l'issue des 5 jours d'incertitude concernant la mission d'urgence française, l'ex-otage des Farc nous a répété sa conviction qu'Ingrid Bétancourt ne se trouvait pas là où l'on prétendait l'avoir vu, soit à quelques dizaines de kilomètres au sud-ouest de San José del Guaviare. Impossible de voir les guerrieros prendre le risque de l'amener se faire soigner dans un dispensaire si près d'une zone truffée de militaires, alors qu'ils disposent eux-même de petites structures médicales de fortunes , à l'abri de la forêt, et de leurs propres médecins de confiance.
Où se situaient-ils alors, lui et elle, lorsqu'ils se sont quittés le 4 février dernier, avant que Luis Eladio ne prenne le chemin de la liberté? Ce dernier ne veut pas le dire mais affirme l'avoir su à l'époque.
Pourquoi ce silence? Il est fondamental pense-t-il que le secret sur la localisation d'Ingrid perdure, sans quoi l'armée colombienne n'hésitera pas à fondre sur le campement des Farc où elle est détenue. Mais ce que Luis Eladio Perez peut nous dire en revanche c'est qu'il a marché sur 230 kms pendant 14 jours d'affilée, globalement en ligne droite pour être libéré aux alentours du village de la Libertad à 50 kms au sud de San José, le 27 février. La date à laquelle on prétend qu'Ingrid est apparue dans la région. Si elle-même n'a pas été déplacée pendant ces 3 semaines, cela la situe aux confins du Guaviare. Près du Vaupès où ils ont à coup sûr séjourné (les villages de Caruru et Cachiporo sonnent familièrement aux oreilles de Luis)? Ou bien plus au nord-est vers la frontière du Guaïna, département lui-même limitrophe du sud vénézuelien? ou bien encore près du Caqueta au sud-ouest?
Quoiqu'il en soit, il est urgent de reprendre le fil des contacts avec ce qu'il reste des dirigeants des Farc pour espérer à nouveau en une libération prochaine...
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Lundi 7 avril 2008
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L'avion Falcon médicalisé positionné sur une base militaire de Bogota va-t-il rentrer en France sur un constat d'échec ? Ou bien la mission humanitaire française reste-t-elle en stand-by jusqu'à ce que les Farc répondent à l'appel qui leur est lancé? Ce week-end, les deux émissaires se sont interrogés, en liaison avec Paris, sur la suite des événements.
D'après nos informations l'un et l'autre préferreraient quitter la Colombie jusqu'à ce que la guerrilla se manifeste réellement. Mais pour l'Elysée, la mission doit continuer: pour provoquer enfin une réaction des Farc l'idée serait de solliciter à nouveau Hugo Chavez dont l'efficacité a été réelle sur ce dossier ces derniers mois. Une démarche qui prendra plusieurs jours et dont rien ne prouve qu'elle sera couronnée de succès. Entre le départ sur les chapeaux de roue de cette mission d'urgence et l'enlisement qui la guette, l'écart est violent. Le pari risqué qui consiste à forcer les Farc à la générosité, sans leur offrir de réelles contreparties, semble ne pas être le bon...
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Vendredi 4 avril 2008
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Arrivés hier matin à San José del Guaviare nous n'avons jamais eu autant le sentiment d'être proche d'Ingrid. Dans quelques heures nous nous rendons dans le village de Capricho où se trouve le dispensaire dans lequel elle aurait été soignée le mois dernier. Une heure et demi de route d'ici.
Si le feu vert des Farc était donné, on pourrait réellement la sortir de là en quelques heures...
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Dimanche 30 mars 2008
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Notre semaine passée à Bagdad entre le 15 et le 22 mars dernier fut riche en enseignements. A commencer par le bilan positif en terme de sécurité de ces journées de reportages un peu spéciales. Il est vrai que nous n'avons pas lésiné sur les moyens pour pouvoir circuler et tourner avec un maximum de précautions. Escortes et gardes-du-corps ne nous ont pas quitté d'une semelle. Mais dans une configuration qui permettait de se fondre dans les rues de la ville en toute discrétion (du "low profile" comme le disent les spécialistes) et, ce qui n'est pas le moindre des avantages, sans nous interdire quelque tournage que ce soit.
Pas un instant nos "accompagnateurs" ne nous ont pressés, ou interdit d'accéder aux quartiers de Bagdad qui nous interessaient. En somme, lorsqu'il s'agit comme cétait le cas ici d'une semaine de mission bien ciblée, la présence d'équipe de télévision occidentales en Irak redevient possible.
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Jeudi 20 mars 2008
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Samedi 15 mars 2008
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Nous préparons cette mission depuis plusieurs semaines. Revenir en Irak n'a pas été une décision prise à la légère. Robert Namias le directeur de l'information de TF1 a pesé le pour et le contre avant d'engager l'une de ses équipes sur le terrain. Et en l'occurence il s'est agi de la nôtre (moi-même, Bertrand Lachat et Iker Zabala).
Le retour à Bagdad s'est donc effectué tout à l'heure avec un atterrissage par un vol direct en provenance d'Amman. Avec nous à bord, uniquement des "specialistes de la sécurité", agents privés, semi-militaires à l'affectation secrète, aux bras tatoués et à la silhouette bodybuildée, seuls passagers réguliers de cette ligne bien peu touristique.
Pour nous accueillir, Christophe, il fait partie d'une société française chargée de veiller sur nous durant notre séjour. Le moindre déplacement pendant cette semaine que nous allons passer en Irak se fera sous la protection d'une escorte lourdement armée. Ainsi en est-il de nos nouvelles conditions de travail, il ne peut en être autrement.
Et voici Bagdad, enveloppée aujourd'hui d'un épais brouillard ocre chargé de sable. La même météo en somme que celle que nous avons connu à la même époque il y a 5 ans. Car rappelons-le, si nous sommes ici, c'est qu'il s'agit bien d'un anniversaire: le 20 mars 2003, l'armée américaine envahissait l'Irak de Saddam Hussein. Mais l'atmosphère elle a radicalement changée, y compris par rapport à notre dernière visite sur place fin 2004. La ville est complètement cloisonnée entre quartiers chiites et sunnites, les murs de béton dessinent les contours d'enceintes infranchissables gardés par un nombre incalculables d'hommes en armes. Ce soir, nous sommes arrivé à l'hôtel Palestine, chargé pour nous de nombreux souvenirs liés à la chute de Bagdad. Ce sera notre base pour les jours à venir, avec en ligne de mire des reportages quotidiens sur la situation dans la capitale irakienne.
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Lundi 4 février 2008
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Des rassemblements à Bogota et dans une quarantaine de villes colombiennes, mais aussi dans quelques 125 capitales étrangères, à l'appel bien sûr du gouvernement d'Alvaro Uribe: leitmotiv, dénoncer les Farc pour ce qu'ils sont, des terroristes. Voilà l'objectif de cette journée de lundi. Paris n'a pas échappé à la règle, une manif de 200 personnes a eu lieu au Chatelet (après qu'elle ait été déplacé sur ordre de la mairie de Paris qui ne voulait pas la voir sous ses fenêtres place de l'Hôtel de Ville).
Pour les proches d'Ingrid Bétancourt et des autres séquestrés, pas de mystère, cet appel à conspuer les Farc au moment où le fragile lien tissé via le Vénézuela donne progressivement quelques fruits (cf: les trois nouvelles libération d'otages annoncées) sert le dessein du président Uribe. Il s'agit de faire entendre une autre voix que celle de l'échange humanitaire, jusqu'à preuve du contraire la seule option possible pour récupérer les otages sains et saufs. Tout cela au moment où les menaces d'interventions militaires sur les zones de détentions font craindre le pire.
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