Opération "Emmanuel" annulée..

Publié le par blog-scott-tf1

On pouvait s'y attendre. Depuis vendredi, la succession d'annonces spectaculaires délivrées par Hugo Chavez concernant la "caravane humanitaire" censée sauver Clara Rojas, Emmanuel et Consuelo Gonzalez de la jungle, ne faisait qu'entretenir le doute sur ses chances de réussite.

 

De fait la réponse des Farc sur les coordonnées précises du lieu de rendez-vous n'est jamais venue. Résultat, la totalité du dispositif mis en place par la présidence vénézuelienne s'est effondrée ce lundi.

 

Hugo Chavez a lu un communiqué de la guerrilla expliquant que la libération des 3 otages était "impossible maintenant" pour des raisons de sécurité. (Il faut comprendre surtout par là que les Farc sont dans une telle situation de fragilité sur le plan militaire qu'il leur est en fait extrêmement difficile de se rendre d'un point à un autre sans risquer d'être repérées.)

 

Quant à son frère ennemi, Alvaro Uribe, il a joué en maître dans ce jeu de dupes. Ayant fait mine de faciliter l'opération "Emmanuel" imaginée par Chavez, il savait probablement que la libération ne pourrait en fait pas se faire dans ces conditions (peut-être a-t-il soigneusement orchestré quelques mouvements de troupes dans ce but d'ailleurs) et a fini le travail en sortant de sa manche une carte qui a laissé pantois son homologue vénézuelien: le petit Emmanuel ne serait plus aux mains des Farc depuis juillet 2006. Un enfant abandonné du même age que le fils de Clara Rojas aurait été retrouvé à cette époque à San José de Guaviare en Colombie. Des tests ADN permettront dans les jours qui viennent de prouver s'il appartient ou non à la famille Rojas, mais si c'est le cas, le président colombien a évidemment beau jeu de dire que les Farc ont menti dès le début en prétendant libérer ces trois otages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La caravane médiatique du président Chavez nous a tous tenu en haleine en tout cas pendant 15 jours. L'épilogue est cruel pour les familles que l'on a vu ressortir de l'hôtel Gran Melia de Caracas très abattues tout à l'heure. Pour Chavez, absolument furieux dans la cour de son palais de Miraflores, c'est une bien mauvaise saint-sylvestre. Pour les Farc, la preuve que le seul pouvoir qu'elles détiennent encore réside dans leurs otages. Et pour ces derniers, la perspective d'une libération prochaine qui s'éloigne à nouveau...

 

 

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Atlante 04/01/2008 16:04

Comme l'a souligné je ne sais plus quel quotidien français, c'est une vraie partie de poker menteur.1) Les Farc (ne pas oublier que ce sont eux les méchants de l'histoire) qui disent une chose, ne la font pas.2) Chavez (qui se bouge, certes, mais on peut se demander légitimement dans quel but non avoué)3) Uribe (avec ses déclarations fracassantes de dernières minutes)Ceci dit, on tape beaucoup sur le troisième mais son attitude est la plus logique de cette histoire : il a toujours dit qu'il voulait nettoyer son pays de ces gangrènes de Farc. Et c'est ce qu'il essaie de faire. On l'accuse de ne rien faire pour les otages. Mais je ne crois pas que se ranger à leurs exigences soit la solution la plus adéquate : ils veulent la démilitarisation de Florida et Pradera, c'est à dire de deux régions peuplées de plusieurs dizaines de milliers d'habitants. Alors mettre en balance la vie de tous ces gens et celle d'une cinquantaine de personnes, ça ne tient pas la route.Par ailleurs, vu les dernières déclarations de Marulanda, on ne peut pas dire que ce soit Uribe qui cherche la guerre ! Non que je veuille le défendre - il a une façon de s'exprimer qui me donne froid dans le dos - mais c'est aussi pour remettre quelques pendules bien à l'heure. Je n'ai aucune idée de ce qu'il faut faire pour tirer les pauvres otages de leur enfer amazonien. La situation est très complexe. Mais ne perdons pas de vue une chose essentielle : au-delà des querelles politiques entre la Colombie et le Vénézuela, et de la pression que fait peser sur ces deux camps la communauté internationale, les vrais coupables, ce sont les Farcs qui terrorisent, tuent, pillent, brûlent, enlèvent et rançonnent les Colombiens, nourrissant leur pseudo rebellion des mannes du trafic humain, du trafic d'armes et du trafic de drogue. Leur donner ne serait-ce qu'un soupçon de légitimité revient à accabler un peu plus leurs victimes. Leurs méthodes de combat et de déshumanisation de leurs prisonniers sont seulement dignes des pires heures de l'Allemagne Nazie.

Bruno 02/01/2008 17:56

Bonjour,
 
merci de nous tenir informés... le silence est le pire scénario, se taire, c'est les oublier.
 
Encore une fois, l'espoir s'est transformé en crainte, comme si chaque carte posée avait une autre face, contraire...
 
Je relaye ces infos sur mon site (Second Life)... pour continuer la chaine des mots...
http://slurl.com/secondlife/FRANCE%20Midi%20Pyrenees/47/251/22
 
Bruno

Gérard FRECHET 01/01/2008 17:17

Honnêtement, pensez-vous que le montage médiatique d'Hugo Chavez pouvait aboutir à la libération des 3 otages ? Il semble que dans ce genre d'opération ce soit plutôt la discrétion qui favorise le succès... En plus, on peut penser que " la présence d'un réalisateur américain qui filme tout .... " ait pu affoler les rebelles ! Je partage votre analyse sur le comportement du président Uribe : Depuis le début il manipule tout d'une certaine manière et je le trouve dangereux : je redoute une action de force de sa part ...et là, personne ne maitrisera plus rien !... On ne peut qu'être encore plus inquiets pour la vie de tous les otages dont Ingrid Bétencourt.