Une visite dans la zone que réclament les Farc

Publié le par blog-scott-tf1

Le sujet est passé ce samedi au 20h. Nous nous sommes rendus avec Gérard Ramirez et Philippe Véron dans la fameuse région de Florida et Pradera, deux patelins situés au pied de la cordillère centrale, à 40 kms de Cali (à 300 kms au sud de Bogota). Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie voudraient y voir se tenir les négociations qui aboutiraient à l'échange humanitaire entre leurs otages et les prisonniers Farc détenus par le gouvernement colombien. Mais avec un préalable inacceptable pour ce dernier: que ces deux communes soient démilitarisées.

Or c'est tout le contraire que nous avons constaté. La présence de l'armée s'est renforcée au cours de ces derniers mois. Notamment dans la partie montagneuse des deux "municipios".

Avec un 4x4 troué de rouille de tous les côtés nous avons pu nous avancer assez loin, jusqu'au bout d'une route de terre qui se termine en cul-de-sac à l'endroit même où un camp de la guerrilla était installé au mois de septembre dernier. De là elle menait ses opérations favorites: fabrique d'explosifs et de mines, extorsions, séquestrations. Plusieurs otages enlevés dans ce département du Valle del Cauca ont pu être détenus à cet endroit. Mais l'autre jour, c'est une base de 220 hommes de l'armée régulière que nous avons trouvée à la place, pas prête une seconde à lever le camp.

Et malgré l'assentiment des populations indigènes de la région qui soutiennent le projet d'un échange humanitaire sur leurs terres, et veulent même garantir la sécurisation de la zone en cas de retrait des militaires, il n'est pas question pour le gouvernement colombien de ceder un pouce de terrain aux guerrieros.

Publié dans blog-scott-tf1

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M. 29/06/2007 13:43

Bonjour,
 
Après la diffusion du reportage de ce 28 juin et les autres reportages ainsi que les articles publiés, je souhaite savoir s'il vous est possible de consacrer un reportage à la population locale. Comment ces perconnes vivent elles au quotidien ce "cache-cache" permanent entre les rebelles et les militaires ? Savent-ils le rôle que la France a jouée dans la libération d'un des représentants des FARCS et comment le ressentent-ils ? Voient-ils cela comme un soutien extérieur ou comme une intrusion dans leur politique intérieure ? Leur quotidien leur laisse t'il le temps de s'inquiéter de toutes ces négociations diplomatiques ?
Voilà autant de questions sur ces habitants (mais il y aurait beaucoup d'autres) dont on ne parle pas forcément et qui pourtant vivent au coeur de la zone à risques.
Par avance merci de votre réponse, bon courage à vous et vos collègues techniciens.

Eric Raynaud 26/06/2007 06:17

Bonjour Michel,
Je suis un confrère journaliste, et je tiens à te dire que ce que tu fais, ça, c'est boulot ! Bravo. J'en bave, derrière mon ordi, des montées d'adrénaline que tu dois te payer avec tes potes...
Pout tout te dire, ton blog me réconcilie avec notre corporation, bien panurgesque ces dernières années...
Cette histoire, ses personnage et surtout elle, les enjeux géopolitiques, etc, c'est tout simplement un roman grandiose. Quelle bonne femme que cette Ingrid Bétancourt !!
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Message à Michel
Avec 20 ans de carte de presse, je suis malheureusement au chômage depuis deux ans, et bientôt en fin de droits. Pour avoir mis mon nez dans quelques affaires où il ne fallait visiblement pas fouiner... Mais j'écris toujours, et en particulier sur Ingrid Betancourt. Cette histoire, ses personnage et surtout elle, les enjeux géopolitiques, etc, sont un roman grandiose. Quelle bonne femme !
J'ai appris un truc grâce à toi, ce matin (5h GMT) : les populations indigènes de la région semblent soutenir le projet d'un échange humanitaire sur leurs terres. C'est très intéressant et assez vital à mon avis. C'est Uribe, qui ne doit pas être content...
Si tu as des infos complémentaires là-dessus, et si tu as le temps et l'envie de le faire, j'aimerais bien qu'on en parle. Je te citerai évidemment avec grand plaisir dans mon bouquin.
A + j'espère, et continue de te régaler, veinard !
Eric Raynaud.
PS :